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Rencontre avec Christine Benet, fondatrice de Delarom Paris

Vous avez peut-être remarqué les jolies boîtes couleur corail qui égayent depuis quelques temps l’accueil de DermaLounge? Signées Delarom Paris, ces boîtes contiennent quelques unes des formules les plus avancées en aromathérapie. Une science naturelle de la beauté qui allie avec savoir-faire et passion le pouvoir des plantes et des huiles essentielles. Séduits par cette approche naturelle et respectueuse de la cosmétique, nous avons  rencontré l’équipe de Delarom à Paris. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette marque innovante et chargée d’histoire. Petite soeur des succès Decléor et Darphin.

Nichés au coeur d’une ruelle paisible de la proche banlieue parisienne, à quelques encablures des tours de La Défense, les laboratoires Delarom nous accueillent dans un blanc étincelant parsemé de touches corail. Concentrée à développer la ligne, l’équipe s’affaire en silence. Les regards souriants nous saluent tandis que nous rejoignons notre hôte, Christine Benet, co-fondatrice de Delarom.

Christine Benet est de ces femmes qui réconcilient avec le passage du temps. On ne saurait lui donner d’âge, mais ses 45 ans d’expérience nous en dessinent les contours. Aussi lumineuse que chaleureuse, Christine Benet resplendit. Son esprit, tourné vers le futur, irradie de jeunesse et de savoir-faire, avec cette légèreté bienveillante qui force l’admiration.

Insatiable passionnée, elle nous raconte :  » La plus belle image de l’arôme que je puisse donner est celle de l’authenticité dans le temps. Ça fait plus de 45 ans que je travaille, que j’apprends et que j’étudie les huiles essentielles et leurs pouvoirs, ainsi que l’évolution de leur utilisation dans le temps ».

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À quand remontent les origines de l’aromathérapie?

Il y a des millénaires, les Egyptiens et les Chinois utilisaient déjà les huiles essentielles pour se soigner. Le premier alambic, qui permettait de distiller les huiles essentielles, a d’ailleurs été inventé en Egypte. On a également utilisé les huiles essentielles pendant des siècles en Europe, mais ce n’était pas reconnu. Pendant la guerre, après avoir découvert les antibiotiques et la cortisone, on s’est dit que toutes ces histoires de plantes étaient un truc de bonnes femmes. C’est donc tombé dans l’oubli.

Quel a été le déclencheur du regain d’intérêt pour la science des plantes?

On s’est aperçu que toutes ces médecines nouvelles avaient des effets secondaires. Quelques vieux médecins ont donc commencé à prôner une réintroduction de la connaissance des plantes, mais là encore, personne n’y croyait vraiment. La commercialisation de l’aromathérapie  est assez tardive.

Quelles ont été les premières marques à s’y intéresser?

Les premières marques françaises à avoir fait de la recherche avec des aromathérapeutes datent des années 1970. Clarins à commencé à s’y intéresser, puis simultanément, un monsieur nommé André Benet, qui avait créé une société qui s’appelait Décléor. Ce monsieur, c’est mon mari.

Les trois lignes de cosmétiques que vous avez créées avec votre mari (Decléor puis Darphin et enfin plus récemment Delarom), ont toutes puisé leur force dans l’aromathérapie. Les huiles essentielles vous ont-elles toujours passionnée?

Quand j’étais toute jeune, l’aromathérapie me faisait un peu peur. Ça avait un côté magique car on savait que c’était puissant, que c’était positif dans la plupart des cas, mais on ne savait pas très bien dans quelle mesure on pouvait ou non utiliser les huiles essentielles.

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Comment vous êtes-vous intéressée à la cosmétique?

À l’époque, je travaillais dans la haute couture. J’étais gênée car j’avais de petits boutons sur le visage. Mais je venais d’un milieu médical, qui ne croyait pas en la cosmétique. On me conseillait donc de mettre de la vaseline! Ça m’a tellement agacé que j’ai quitté la mode et voulu travailler avec des dermatologues. Ça m’a passionné.

Je me suis alors dit que j’allais faire une école d’esthétique pour faire des soins auprès de gens malades. J’ai voulu associer les deux car je voyais des femmes malades qui souffraient. Elles voulaient malgré tout être belles mais tout le monde s’en fichait.

Comment avez-vous découvert les propriétés thérapeutiques des huiles essentielles?

Une fois à l’école d’esthétique, je n’étais toujours pas convaincue par les cosmétiques. Je mettais des crèmes mais ma peau restait rêche. Un jour que j’expliquais ces désagréments à mon professeur, elle m’a proposé de rester le soir afin de me faire un soin à base d’huiles essentielles. En sortant, je me touchais les joues, ça sentait bon, ma peau était souple. C’était une révélation!

Quelle formation avez-vous alors suivie?

À l’époque il n’y avait pas de diplôme en aromathérapie, j’ai donc fait un certificat. C’est là que j’ai commencé à travailler dans des cliniques pour faire des soins aux malades. Mais j’avais beaucoup de mal à trouver des produits adéquats car il n’y en avait pas beaucoup sur le marché.

C’est là que vous avez découvert Decléor?

Oui. Decléor a accepté de me vendre quelques produits pour que je puisse faire mes soins. Après un an et demi, un jour où je venais chercher mes produits, j’ai rencontré le grand patron. Il m’a demandé ce que je faisais, a trouvé ça extraordinaire, et m’a proposé de continuer avec lui…avant de devenir mon mari!

Quelle belle histoire! Avec le recul dont vous bénéficiez, où en est selon vous la cosmétique aujourd’hui?

Nous sommes à une période clé. La cosmétique brille beaucoup et en même temps elle est un peu regardée en biais par le monde médical et scientifique. C’est pourquoi nous travaillons avec beaucoup de sérieux, d’application et de contrôle. Tous nos produits sont d’abord scientifiquement étudiés, puis dermatologiquement testés. Ce qui n’était pas obligatoire dans le temps.

Qu’est-ce qui a changé dans l’aromathérapie?

Aujourd’hui, les huiles essentielles sont très sélectionnées. Pour vous donner un exemple, quand j’ai démarré il y a 45 ans, on pouvait piocher parmi 250 huiles essentielles mais on ne savait pas très bien où étaient nos limites. Je parle de nous et des autres. Toutes les personnes qui touchaient à l’aromathérapie étaient fascinées mais on manquait d’encadrement. Aujourd’hui quand on fabrique un produit à base d’huiles essentielles, on bénéficie de l’autorisation légale de choisir parmi 80 huiles essentielles.

Pourquoi de telles restrictions?

L’utilisation des huiles essentielles est une science. Chaque huile essentielle a un caryotype, une sorte de carte d’identité. C’est ce qui nous permet de savoir quelle quantité utiliser, au dixième de milligramme près. On n’a pas le droit à l’erreur.

Car certaines huiles peuvent être très dangereuses. L’huile d’Angélique par exemple, malgré son nom, est une huile très puissante, qui a une résonance cardiaque. L’huile de lavande est un autre exemple. Si vous en utilisez peu, c’est un excellent cicatrisant. Mais si vous ne connaissez pas les bonnes proportions, elle peut brûler la peau.

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Delarom a la particularité d’être une jeune entreprise mais qui bénéficie de nombreuses années d’expérience, grâce à vos deux marques précédentes. C’est une grande force, non?

Oui. Notre marque est jeune mais elle bénéfice de toute la structure, de toute la connaissance et de la protection actuelle. Lorsque les produits sont sur le marché, la cliente ne prend aucun risque.

Qu’est-ce qui fait qu’après toutes ces années, votre passion reste intacte?

L’aromathérapie est une science artistique. Il faut connaître les propriétés des huiles essentielles et la façon de les utiliser ensemble, mais il faut aussi savoir associer les odeurs, s’assurer que les huiles soient agréables à la vue. C’est tout un travail l’aromathérapie mais il y a toujours une part de création, comme en couture.

Et pourtant vous avez failli arrêter…

Quand nous avons vendu Darphin [NDLR: au groupe Estée Lauder], nous avions décidé d’arrêter. Mais nos trois enfants nous ont convaincu qu’on avait peut-être arrêté un peu vite…

Qu’est-ce qui vous a décidé à reprendre l’aventure?

On s’est dit qu’on était arrivé à une époque où les formulations que nous avions créées allaient devenir obsolètes. On n’allait plus avoir le droit d’utiliser les parabènes, ni le phénoxyéthanol. On considère également que les silicones ne sont pas bonnes pour la peau. On s’est donc relancé dans l’aventure avec l’objectif de créer une entreprise moderne, qui bénéficierait du pouvoir d’une jeune entreprise, notamment de la flexibilité d’utiliser les dernières avancées scientifiques.

Quelle est la proposition distinctive de Delarom Paris ?

Puisqu’on est dans les plantes, dans les produits naturels, on s’est dit qu’il fallait une charte en adéquation. Respecter une charte antipollution, de produits naturels et se servir des nouvelles technologies. La façon de distiller est bien moins polluante que dans le temps. Tout ce qu’on fabrique aujourd’hui est très actuel. C’est notre force.

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En quoi votre jeunesse et votre flexibilité sont une force par rapport aux grosses entreprises?

Les entreprises plus anciennes sont prises par le succès de leurs produits. Les techniques ont évolué mais c’est tout une histoire de pouvoir changer une formulation. Or nous pouvons intégrer les dernières innovations beaucoup plus facilement. Par exemple, en 2014 nous avons pu intégré à notre ligne Objectif jeunesse les avancées scientifiques sur le ralentissement du rythme cellulaire, titulaires du Prix Nobel en 2009. 

 

Pour en savoir plus sur la ligne Delarom Paris proposée chez DermaLounge, veuillez nous contacter au (514) 228-1538.

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Crédits photos: Delarom Paris.